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Dans les coulisses des monuments historiques

23/05/2016

Jeudi 12 mai 2016, 2 classes de CAP couvreurs de Rouen et d’Evreux se sont rendus à la cathédrale Rouen pour observer les travaux du choeur.

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En partenariat avec les architectes du cabinet de DUPLAT Richard,  de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et de Pierrick BARON, formateur en couverture, 30 apprentis et leurs formateurs Aurélie THOMAS et Fabien DESGRANGES ont eu la chance de pouvoir accéder à un chantier de restauration de monuments historiques. A 40 mètres du sol, ils ont ainsi traversé le chœur, entièrement échafaudé et ont, non seulement observé, mais aussi discuté avec les différents corps de métiers présents ce jour : les couvreurs de l’entreprise Boutel et les charpentiers de l’entreprise Les métiers du bois.

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La première tranche de travaux  concerne les parties hautes (haut comble) du chœur et plus particulièrement la révision et la restauration de la charpente actuelle qui a été rehaussée « pour rétablir son volume antérieur à 1539 car il avait été reconstruit de façon plus basse (environ 1,40 m) ». Le sinistre de 1999 a touché des parties déjà très affectées par des événements antérieurs : l’incendie de 1822 – avec la disparition totale de la charpente et des couvertures anciennes – puis le bombardement de 1944. La cathédrale devait donc être restaurée a expliqué l’architecte Thierry GARRET « en priorité, pour assurer la mise hors d’eau définitive du chœur avant d’engager la restauration des élévations et des voûtes ».

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Les apprentis couvreurs ont observé le compagnon poser et façonner les morceaux de plomb coulé sur sable à l’aide d’une batte et d’un maillet, de façon à ce que le plomb épouse parfaitement la toiture. Les tables de plomb ont préalablement été découpées aux dimensions à l’atelier. Enfin pour garantir l’étanchéité, le couvreur va utiliser la technique du joint debout roulé de manière à sertir les plaques les unes aux autres. La fixation étant assurée par des pattes et un clouage au clou cuivre cranté

La malléabilité du plomb, matériau naturel, permet facilement son adaptation aux formes les plus diverses, son inaltérabilité et sa résistance aux agressions climatiques ou chimiques offrent une très grande sécurité, ainsi que sa légendaire durabilité qui en fait le garant du patrimoine. La couverture de la nef en témoigne puisqu’elle perdure depuis 500 ans.

Ainsi tel Quasimodo lorsqu’il escalade Notre dame de Paris, les couvreurs ont arpenté cette pantagruélique demeure, en passant dans les chéneaux pour leur plus grand bonheur !

Aurélie THOMAS